Trois agences spatiales réunies pour une campagne parabolique chez Novespace

19 juin 2018

Du 4 au 7 juin, l’ESA, l’Agence spatiale allemande (DLR) et le CNES ont uni leurs forces lors d’une campagne de vols paraboliques spéciale, entièrement consacrée aux sciences de la vie. Huit expériences ont été effectuées à trois intensités différentes de pesanteur, ce qui constitue une première pour une campagne de vols paraboliques.

Lors des campagnes traditionnelles, les équipes de recherche profitent de 20 secondes de micropesanteur lors de chaque parabole pour effectuer des expériences dans des domaines variés ou démontrer des technologies. Les résultats offrent des indications sur comment divers mécanismes fonctionnent en micropesanteur, et sont comparés aux résultats obtenus au sol.

Mais que se passe-t-il à d’autres intensités de pesanteur ? C’est pour chercher la réponse à cette question, et ainsi mieux comprendre la dépendance biologique à la gravité, que les scientifiques expérimentaient à bord de l’avion Zero-G de Novespace, une filiale du CNES. Si les humains doivent un jour embarquer pour des vols spatiaux longue-durée et vivre sur la Lune ou sur Mars, il est important de déterminer les intensités de pesanteur auxquelles ils peuvent vivre et travailler.

Les vols paraboliques font partie des rares moyens permettant de recréer sur Terre les conditions de micropesanteur. Pour y parvenir, l’Airbus A310 Zero-G, opéré par Novespace depuis Bordeaux, suit un profil de vol alternant des manœuvres de montée et de descente espacées de paliers.

A partir d’une situation de vol normale, à environ 6km d’altitude, les pilotes augmentent au maximum la vitesse de l’avion, avant de le cabrer pendant une vingtaine de secondes, jusqu’à une assiette d’environ 50°. Les pilotes poussent ensuite le manche jusqu’à annuler la portance exercée sur les ailes tout en réduisant la poussée des moteur : c’est la manœuvre d’injection en parabole. L’avion n’est alors plus soumis qu’à la gravité terrestre, et se retrouve en micropesanteur pendant une vingtaine de secondes. Les pilotes redressent ensuite l’avion afin de revenir à la situation initiale de vol.

Avec un profil de vol légèrement différent, les pilotes peuvent obtenir une pesanteur réduite à 25% de la gravité terrestre pendant 25 secondes, 50% pendant 35 secondes, ou encore 75% pendant 50 secondes.  La manœuvre parabolique est répétée 31 fois par vol, toutes les 3 minutes environ.

Une équipe de la NASA était également présente avec une expérience pendant cette campagne de vols paraboliques, ainsi que Thomas Pesquet, le pilote devenu astronaute, qui a décroché en février 2018 sa qualification pour piloter l’avion Zero-G de Novespace.

L’ESA effectue deux campagnes de vols paraboliques chaque année. Regardez cette vidéo pour plus d’informations sur l’avion, son pilotage et les expériences menées à bord.

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