Aurore australe et météorologie spatiale

7 mars 2019

Nombreux sont ceux qui espèrent apercevoir ces volutes de couleur allant du vert au rouge qui flottent dans le ciel des régions polaires. Peu sont aussi chanceux que l’astronaute de l’ESA Tim Peake, qui a observé cette éblouissante aurore australe depuis la Station spatiale internationale pendant sa mission en 2015.

Ces étonnantes manifestations lumineuses sont causées par un vent solaire violent qui fouette le champ magnétique qui protège la Terre.

Une telle beauté a un prix, et le coût des aurores, appelées selon l’hémisphère aurores boréales ou australes, c’est celui d’une surveillance constante du Soleil.

Le Soleil nous fournit lumière et chaleur, et il est l’un des éléments clés de la vie sur Terre, mais c’est également une boule de gaz chaud, instable, et 1,3 million de fois plus grosse que la Terre. Même âgé de 4,6 milliards d’années, le Soleil est actif et émet dans l’espace un flux constant d’électrons, de protons et de particules atomiques.

Lorsqu’il est particulièrement actif, le Soleil peut éjecter une masse de matière coronale, c’est-à-dire une éruption de nuages de plasma solaire, dont les plus colossales d’entre elles peuvent avoir des conséquences sérieuses pour la vie sur Terre. En 1989, une telle éruption a produit une tempête géomagnétique suffisamment puissante pour causer une coupure d’électricité de neuf heures au Canada.

La météorologie spatiale s’intéresse aux variations des conditions dans l’espace qui sont dues à l’activité solaire, et certains jours, il « pleut » des électrons et des protons. Les tempêtes géomagnétiques peuvent avoir un impact sur les systèmes vitaux dont dépendent nos sociétés modernes, comme les satellites, les réseaux de communication, et les réseaux de distribution d’électricité.

Alors que fait l’ESA en matière de météorologie spatiale ?

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La future mission LagrangeAccess the image

Nous ne pouvons pas contrôler notre Soleil, mais être alerté à temps – comme se propose de le faire la future mission Lagrange de l’ESA – permettrait aux autorités civiles et aux acteurs commerciaux de prendre des mesures de précaution qui contribueraient à minimiser les pertes économiques et à éviter un désastre qui pourrait affecter chacun d’entre nous.

Etre préalablement averti de l’arrivée d’une tempête solaire donnerait le temps aux opérateurs de satellites, des réseaux de distribution d’électricité et des services de télécommunications de mettre en place des mesures de précaution, ou parfois, tout simplement, d’éteindre les dispositifs concernés.

En observant le Soleil depuis une position unique dans l’espace, le satellite Lagrange permettra la surveillance des tâches solaires potentiellement dangereuses et des jets, les vents solaires à grande vitesse, avant qu’ils ne soient visibles de la Terre. Il sera ainsi possible de détecter les événements solaires et leur propagation vers notre planète avec une plus grande précision qu’il n’est possible de le faire aujourd’hui.

#AuroraHunters, un événement pour la sensibilisation du grand public

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Le groupe des chasseurs d'auroresAccess the image

Du 3 au 5 mars, trente “chasseurs d’aurores” amateurs étaient invités par l’ESA à participer à un Social Space sur le thème de la météorologie spatiale à Tromsø, en Norvège.  Au programme : des interventions d’experts, la visite d’observatoires de géophysique qui étudient les interactions entre la Terre et le Soleil, et bien sûr, sous réserve que la météo soit coopérative, l’observation d’aurores boréales. Trois Français faisaient partie des sélectionnés, originaires de treize pays différents.

Qu’ont-ils retenu de cette aventure ?

« Tout d’abord, j’ai été particulièrement surpris par la diversité des profils invités. Si nous avions tous en commun une passion pour l’espace, nous étions tous d’horizons différents. J’ai trouvé cela très enrichissant, tant pour les échanges sociaux que pour les regards sur les différents sujets abordés, » explique Jean.  « C’était le premier évènement de ce type auquel je participais, je ne savais guère à quoi m’attendre et n’ai maintenant qu’une envie : participer au prochain ! ».

« Effectivement, » complète Christophe, « notre groupe comportait des professeurs, des journalistes, des météorologistes et d’autres personnes qui travaillent dans le milieu de l’espace mais également des personnes comme moi, dont le métier n’a rien à voir avec tout ça, simplement passionnées par ce qui se passe au-dessus de nous. »

« Si j’ai un conseil à donner aux passionnés de l’espace qui ne postulent pas aux événements de ce genre proposés par l’ESA car ils se disent qu’ils ne seront jamais sélectionnés… c’est de tenter votre chance, les diplômes ne comptent pas, seule la passion pour l’espace est prise en compte ! »

Charles, qui avoue avoir été surpris par la facilité d’intégration au groupe, ajoute : « J’ai été extrêmement impressionné par la taille des antennes à l’EISCAT, et être au pied de l’énorme antenne UHF permet de prendre conscience de l’ampleur des recherches en terme de météo spatiale. »

 « J’ai moi aussi beaucoup apprécié la visite de l’EISCAT ainsi que celle de l’ancien observatoire, un lieu chargé d’histoire scientifique» ajoute Jean. « Il est assez rare de voir ce genre d’installations de près et de discuter avec les scientifiques qui les gèrent. J'ai beaucoup appris sur la météo spatiale et surtout ses conséquences,  que ce soit sur Terre ou dans l'espace. »

Christophe renchérit : « J’ai appris énormément à propos des aurores boréales et de la météo spatiale en général, et j’ignorais jusqu’à maintenant que le Soleil pouvait avoir une telle influence sur ce qui se passait sur Terre et sur notre vie quotidienne, surtout lorsque le vent solaire est particulièrement fort. »

« Je n’avais pas non plus conscience de l’ampleur des moyens mis en œuvre pour surveiller la météo spatiale et j’ai été surpris de constater le haut niveau de coopération entre les différentes agences spatiales, et la participation de pays situés aux quatre coins de la planète aux programmes de recherche mis en œuvre dans le cercle polaire.  La science et la connaissance humaine dépassent les frontières !»

Retrouvez CharlesChristophe et Jean sur Twitter ; le hashtag de l’événement était #AuroraHunters
Les photos de l’événement ont été publiées dans cet album Flickr.

Timelapse de l'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet, réalisé en 2017 pendant sa mission Proxima.Access the video

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